Cognitivos et autres biolos : bande de salauds !

J’inaugure mon journal de bord sur le web avec un texte fièrement publié par mon camarade Don Courrielom. Son association lacanienne intergalactique (reconnue d’utilité publique!) résiste depuis maintenant plusieurs décennies face au totalitarisme cognitivo-comportemental. Son franc-parler, pour ne pas dire franc-perler, reste sans équivalent chez les lacaniens dont la plupart hésitent encore à dire tout haut ce qu’ils pensent tout bas, à savoir que les plus sombres heures de l’histoire pourraient dépasser le passé. À bon interpréteur…

Nous assistons à une résurgence du biologisme, idéologie qui occupa les esprits scientifiques et populaires de l’Occident durant la première moitié du XXe siècle. Pavlov, Jackson en font partie. Cette théorie avance que les pensées et les conduites sont déterminées chez l’homme comme chez l’animal par les réactions d’un organisme habité par la mémoire de ses expériences.

Ainsi en psychiatrie, pour expliquer la folie, l’organogénèse – cohérente avec la démarche médicale – s’impose contre la psychogénèse – domaine de la spéculation littéraire, philosophique voire psychanalytique. Au regret manifesté par Freud de devoir s’exprimer dans le langage de la psychologie, Lacan opposa que la dénaturation de l’organisme par le langage le soumettait aux lois de la topologie. De toute façon, la psychanalyse interroge le statut de ce qui se proclame « scientifique » et qui s’offre comme le dévoilement de l’ordre même du monde, indépendamment de la subjectivité et de ses fantasmes. Car le critère de la scientificité voulu par K. Popper, soit la réfutabilité de ses thèses, n’empêche pas qu’elles se propagent et s’imposent en pratique comme autant de vérités. Or les crises que connaissent périodiquement les thèses scientifiques sont précisément liées à leur contestation par le « c’est pas encore ça » venu de la subjectivité. Si la psychanalyse n’a pas le statut scientifique c’est parce que le « c’est pas encore ça » s’articule chez chacun à partir de déclinaisons différentes sans pouvoir se référer à l’une qui ferait modèle parce que sa formalisation serait belle et bonne, et juste.

À l’opposé on retrouve dans la prétention du cognitivo-comportementalisme d’être « scientifique » la vocation à un impérialisme et à un totalitarisme qui ne se manifeste pas seulement dans le domaine de la santé. Car ses conséquences éthiques et politiques sont connues. Rappelons pour mémoire – la nôtre est bien courte – que le biologisme fut la référence justificatrice des totalitarismes européens, leurs thèses raciales y compris.

Le désarrimage de l’individu de son rapport singulier à l’ordre interne qui l’habite – Lacan disait que les dix commandements n’étaient rien que les lois de la parole, pas besoin de Révélation – le rend apte en effet aux pires servitudes, de consommations incluses.

Puissent ces journées nous éclairer sur les divers courants des T.C.C. (elles n’ont pas de doctrine puisqu’elles ne se réfèrent qu’à elles-mêmes), du type de transfert qu’elles suscitent, de la réponse qu’elles appellent puisqu’elles font maintenant autorité pour le Ministère de la Santé.

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Catégories :Est-ce car Mouches?, Pro-Fesse Scie

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