Du raffermisseur de ras-dards automatriques

Chers disciples,

Vous êtes nombreux à solliciter mes lumières sur quelques sujets de société et autres actualités. Je vous accorde volontiers avoir jusqu’à « l’or » célébré l’œuvre de mes camarades et celle de nos prophètes, puis condamné et renversé la racaille qui sévit farouchement grâce à de délicats attouchements signifiés. Je m’octroie donc désormais la profonde légitimité de leur voler la vedette, ne serait-ce que le temps de quelques digressions sur un sujet d’actualité : la sécurité routière.

Loin de moi l’idée de fourvoyer à l’envers la synonymie indirecte de ce que pourrait susciter à nous même, voire au grand Autre, la possibilité infime de la survie moderne. N’est-ce pas là, dans cet envahissement capitaliste de l’avertisseur de radar, la volonté tenace de renverser l’autorité paternelle du gendarme, sous couvert illusoire d’une protection contre la castration? Il ne s’agirait alors que d’un faux préservatif autoroutier, sans réservoir, ni espoir qu’il soit un jour usagé. L’angoisse de castration demeurera et les raffermisseurs de ras-dard n’y changeront rien tant ils deviendront eux-mêmes, sans détours ni détrous, la proie du gendarme paternel. À la détection d’un excès de vitesse, automate-trique ou embarquée, se substituera la détection du détecteur d’excès de vitesse. La chasse à la vitesse deviendra donc la chasse à un contrôle de la vitesse qui n’est pas celui du père, un sujet sur lequel s’était penché le camarade Bourdon lors de son intervention sur les bons et mauvais chasseurs.

Quant à l’acte sexuel, il ne tend effectivement qu’à s’arrêter au ras-du-dard, accentuant encore davantage la frustration brute provoquée par l’action globale gouvernementocapitaliste, dans le but de faire céder le sujet encore et toujours à la pulsion consumériste, soit une sublimation bien mal embouchée vous me l’accorderez. De la légitimité d’une limite paternelle, nous dérivons vers ces éternelles restrictions et redirections comportementales, pour ne pas dire comportementalistes, transformant nos ras-dard en automates sans triques. L’automobile ne véhicule pas seulement nos inconscients mais également les jouissances compensatives de ce que les scientistes de l’esprit désignent sous le terme bananalysant de dysfonction érectile. Ainsi, la jouissance à nouveau contrariée, villipandée, saura trouver un autre véhicule, un autre permis de jouir ou de fausses plaques d’imam-trique-cul-action. Et nous resterons, psychanalystes, les seuls élus, à même de révéler les terribles secrets de l’inconscient, qu’il soit collectif, individuel, mais jamais indivisible malgré ces tentative itératives de lubrification de la pensée.

En vous remerciant,

JMDL

Publicités


Catégories :Concis des Rations, Non-Dupe-Elvis

Tags:, , , ,

3 réponses

  1. Génial!

  2. Je me sens horriblement conditionné.
    Comment vais-je pouvoir ne plus penser « Imman-Trique-Cul-Action » à chaque fois que je verrai une plaque d’immatriculation.
    C’est grave Docteur : des plaques, j’en vois partout.

    • « Des plaques, j’en vois partout »? Voilà une obsession très commune chez les comportementalofachos…
      Mais essayez un peu de battre mon record de la séance la plus courte : 0,00000026 secondes!

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :