Mon camarade Aurélien Fordada (psychliste)

Chers disciples,

L’immense joie qui m’envahit depuis quelques jours semble sur le fulguropoing de contaminer mon inconscient, lui qui n’avait plus connu telle jouissance depuis ma passe réussie, après 17 ans, 3 mois, 14 jours, 3 heures, 54 minutes et 25 secondes d’analyse didactique à raison de quatre séances par semaine de durée, évidemment, variable.

La raison de tout ce remue-méninge est la suivante : je viens de renouer avec un ami de longue date. Nous sommes issus de la même école, du même cartel et du même maître lacanien et avions prévu de nous associer en tant que camarades de divan avec l’objectif avoué, revendiqué et assumé de devenir le meilleur duo de dompteurs d’inconscient que la Terre aie jamais sup-porté. Aurélien venait de remporter l’épreuve de duel d’écoute flottante aux jeux olympiques lacaniens de Buenos-Aires. De mon côté, je battais fièrement le record franco-argentin de la séance la plus courte avec une durée, dois-je encore le rappeler, de 0.00000026 secondes.

Hélas, un simple différend allait nous séparer pendant de longues années. Je me souviens encore, nous profitions d’une soirée dinatoire organisée par le mouvement communiste non révolutionnaire lorsque, innocemment, je me laissais aller à brandir ma dernière récompense : mon premier titre intercontinental d’entarteur de cognitivo, que je venais justement de remporter face à… Aurélien, aïe. Celui-ci entra alors dans une rage folle au cours de laquelle les insultes calembouresques s’enchainaient à une vitesse déconcertante. Je me croyais définitivement condamné à l’exil lorsque, pris d’un sursaut d’orgueil, j’élevai mon amulette freudienne qui scintilla et aveugla l’inconscient de mon ami, signe évident que Freud était avec moi, du moins en tant que divinité.

Notre scission fut définitivement proclamée quelques jours plus tard et nous nous séparâmes selon les tables de la loi freudienne, pour une durée minimale de 6 ans, 6 mois et 6 jours ouvrés. Ce fut le début d’une longue dérive pour Aurélien, déchu de ses droits freudiens, contraint d’abandonner le statut de psychanalyste au profit de celui de psychliste, ce qui ne l’empêcha guère de faire honneur au lacanisme comme l’attestent ces enregistrements si justes, si perd-formants. Je reste persuadé qu’Aurélien demeure à ce jour l’un des meilleurs d’entre nous, et un grand vulgarisateur de la discipline, un exercice difficile auquel n’osent guère se frotter les plus illustres de mes camarades. Il n’a pas son pareil en matière de franchise et d’honnêteté intellectuelle et ne se refuse jamais à dire à un analysant qu’il n’aspire pas à le guérir mais à lui donner la même maladie que les autres.

Je vous laisse découvrir ces quelques vidéos très formatrices et vais de ce pas célébrer en compagnie de mon ami cette scission révolue.

Pas de Ça entre nous

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Catégories :Cas leçons, Con-Sec-Ration

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3 réponses

  1. Qui est ce mec ? genialement fou ! c’est mieux que Lacan + JAM + les Deschiens réunis !

  2. De toute évidence, la psychanalyse rend « heureux » (…).

  3. Aurélien Fordada, depuis la rédaction de cet article, nous a quittés : https://vimeo.com/14242242

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