Leçon de prêche psychanalytique, Vol. 2

Chers disciples,

Pour cette deuxième leçon de prêche, je vous propose une intervention du bon Frère Nando d’Amour sur les mutilations sexuelles, particulièrement féminines. Qu’on ne vienne plus nous reprocher une « soie-dix-ans » absence de positionnement ou cette illusoire et éternelle misogynie qui n’en est pas une car frère Nando dénonce, avec la toute-puissance de son un-con-scient! Il pourfend les Dieux des religions monothéistes pour mieux défendre la veuve, Freud et l’orphelin. Mieux encore, il propose une, sinon la solution pour venir à bout de ces pratiques sanglantes!

En guise de courte présentation des différentes méthodes mutilatrices en vigueur, notre frère récite solennellement l’article correspondant sur oui-qui-pet-dit-grand A avant de déployer toute la force de son argumentaire implacable et garanti sans misogynie. Il précise parallèlement ne pas être venu pour offenser ses disciples dans leur croyance, ni pour la renforcer.

Il interroge alors cette voracité des Dieux pour la « chaire » clitoridienne fraiche, ces Dieux qu’il invite tel un Prévert des temps moderne à rester aux cieux : « payer de sa peau est-elle l’unique manière d’être reconnue par les siens? ». N’écoutez donc pas ces comportementalofachos adeptes de théories fumeuses qui prendront à témoin les cérémonies de bizutage pour montrer que la violence de l’effort d’engagement renforce la cohésion d’un groupe. Il n’en est rien, ce ne sont que des balivernes et frère Nando nous révèle aujourd’hui la vérité, mais pas trop.

La circoncision ne fait pas partie des rituels de l’être parlant, ces rites de passage sélectionnés par notre frère et qui sont respectivement, par ordre chronologique et d’importance : « l’entrée en sixième, la première menstruation, la première relation sexuelle, le premier baiser et enfin le premier travail ». Il ne s’agit pas de trouver l’erreur ni l’er-rance car il n’en existe pas dans cette liste.

Frère Nando d’Amour parle d’un « raffinement sadique » lorsqu’il est question d’évoquer la menace que représente pour l’homme ce qui peut avoir une apparence phallique chez la femme. Ainsi, « des grandes lèvres qui pendent suscitent l’horreur d’un fantasme homosexuel », l’acte promis étant condamné à « s’évanouir avec l’érection ». Ces dames gagneraient effectivement à raccourcir leurs grandes lèvres pour continuer à satisfaire le grand homme. Enfin pour en finir avec cet aparté quelque peu compulsif, frère Nando ne nous rappellera jamais assez que « si on laisse une femme sans laisse, c’est la jouissance sans limite, la jouissance folle! ». Maitrisons donc un peu nos femmes! Un peu de bon sens, bon sang! Et d’ailleurs, « l’excision n’a jamais supprimé la possibilité érotique ou orgasmique », « N’importe quelle partie du corps humain peut devenir objet du désir! ». Ne dit-on pas « prendre son pied »?

Après une ultime masturbation de sa luxueuse plume, frère Nando se calme, reprend ses esprits, corrige magistralement cette errance antiféministe par le témoignage d’une patiente sur son mari (« Il trempe le biscuit, éjacule, se retourne et à demain! »), puis par une considération sur les films porc-nos-graphiques (« nous avons plus à faire à des fantasmes masculins qu’à autre chose ») et nous propose la solution freudienne à l’excision : « Si, cliniquement, nous arrivons à sortir l’agresseur de la culpabilité et à le rendre responsable de son acte nous aurons des chances de le voir cesser de pratiquer l’acte agressif. Il découvrira que ses arguments religieux et culturels servaient d’alibi à son désir inconscient de vengeance envers son agresseur, ce qui le faisait s’identifier à ce dernier ».

Il s’agit effectivement encore et toujours de sadisme et de jouissance : « museler le muselable », « casser, briser cette partie du corps qui caractérise la porte d’accès à la féminité à une jouissance mystérieuse et qui fait peur aux adultes hommes et femmes ». Car si des femmes, elles-mêmes excisées, font subir à des petites filles ce qu’on leur avait fait subir dans leur enfance, c’est qu’il s’agit d’identification à l’agresseur, et non d’un simple argument d’autorité comme voudraient, une fois de plus, nous le faire croire nos si ringards comportementalofachos. Cessons de nous protéger fantasmatiquement du réel. Ou plutôt continuons, mais sous la supervision d’un psychanalyste!

En vous remerciant transférentiellement…

Publicités


Catégories :Cas leçons, Concis des Rations, Ferai si Prêcha, Non-Dupe-Elvis, Sadicanalyse

Tags:, , , ,

1 réponse

  1. Il est vraiment phénoménal, notre ami Fernand d’eau ! Quel as…
    Dirait-on pas qu’il se régale ?
    Merci pour ces sermons rafraîchissants.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :