Le manque de phallus

Chers disciples,

Je reconnais sans peine que mon nouveau camarade frère Jacasse n’est peut-être pas la recrue prestigieuse que vous attendiez mais vous m’accorderez certainement la grande pertinence de ce choix après une modeste glissade sur son blog : VOIES DE L’UN_CONSCIENT, un blog-atelier de psychanalyse comme l’auteur aime à le préciser. Le moins que je puisse pro-clamer, c’est à quel point je le juge pro-metteur en scène. Frère Jacasse s’y révèle, bien d’avant-âge qu’en soldat, en véritable croisé déjà à la tête d’une petite horde d’intrépides disciples. Ne vous laissez pas décevoir par l’apparente sobriété, pour ne pas dire austérité ambiante car celle-ci n’est que signe-y-fiente du mot-de-l’âge psychanalytique en vigueur dans nos contrées. La vraie puit-sens de ce frère réside dans ses mots savamment distillés à-boût-tissant à des maux soigneusement cultivés pour mieux être dénoncés.

Son dernier billet , sobrement intitulé « J’ai un manque », demeure un modèle de communication lacanienne dont on aimera s’un_prégner. Cette vignette clinique politisée contient en effet tous les un_grédients nécessaires à notre éternel rayonnement : humanisme garanti, théorie lumineuse, pratique héroïque et bien sûr condamnation sans modération des sales pratiques de cognitivobiolos.

Nous savons tous aujourd’hui, en cette glorieuse année 2011, que l’anorexie, à l’un_star de la totalité des troubles psychiques répertoriés dans l’un_fâme DSM (à l’exception du fétichisme qui ne peut pas être pathologique puisque… J’y reviendrai un jour), a pour seule et unique cause l’Autre maternel (et, dans une moindre mesure, notre société fascisante). Anorexie, schizophrénie, homosexualité, troubles de l’érection et autres sont des symptômes fabriqués puis cultivées par les mères dans un premier temps, puis par les femmes lorsque celles-ci prennent le relai. Les odieux biolos essaient lamentablement de prouver le contraire depuis plusieurs décennies, sans le moindre succès. En matière d’anorexie, il est question d’un manque, non pas d’un manque de nourriture comme le prétendent des comportementalofachos au ras des pas-crêtes, mais d’un manque de phallus : un peu de bon sens bon sang!

Maintenant la partie théorique achevée, attardons-nous sur la pratique. Cultiver le symptôme nécessite la mise en place rapide de sa légitimation, ce qui doit être accompli avec bravoure et rigueur :

  1. La patiente ayant la malencontreuse tendance à jouir de son symptôme, nous ne saurions l’empêcher de jouir, sous peine de la priver d’un orgasme en la guérissant. Vous l’aurez compris : jouir vaut mieux que guérir.
  2. Si la patiente ne va pas mieux, c’est d’ailleurs qu’elle ne veut pas se soigner ni guérir. Elle est la seule et unique responsable de cette non amélioration. Les quelques rendez-vous manqués sont la preuve incontestable de ce refus de guérison qu’il faut vraiment, respecter.
  3. En se plaignant de cette non amélioration, la patiente ne cherche qu’à prouver qu’elle ne peut pas aller mieux. Elle n’a pas foncièrement tort puisqu’il lui manque un phallus qu’elle revendique mais qu’elle n’aura jamais. Pauvres femmes en manque…
  4. De toute façon, si par miracle un symptôme venait à disparaitre, il réapparaitrait aussitôt sous une forme mutante, puisque le phallus ne serait toujours pas là.

La condamnation des médicaments psychotropes est de rigueur, ceux-ci visant à apaiser certains symptômes et donc à défier le grand un_conscient. Leur prescription est néanmoins subtilement tolérée puisque ces substances malfaisantes peuvent, de ce fait, justifier l’échec de notre travail de cultivateur : la sècheresse de symptômes est notre famine. Les TCC, autrement appelées TTC car téléguidées par le pouvoir de l’argent, doivent être condamnées pour les mêmes raisons mais jamais au grand jamais tolérées sous peine d’alimenter l’effrayantes fuite des divans qui vide notre grand tiroir-caisse un_conscient.

J’adresse mes félicitations au frère Jacasse qui obtient en ce jour la passe JMDL.

Pour l’analyste avisé qui sait que le symptôme est une façon de jouir, et qu’il s’adresse à l’Autre du désir, il y a de ce fait à se questionner sur le fait que justement pour Madame R., ce manque c’est une source de jouissance. Un petit truc en plus que l’Autre du désir n’a pas, et qu’il ne sera pas en mesure de lui enlever.

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Catégories :Blesse-Femme, Cas leçons, Concis des Rations, Non-Dupe-Elvis, Terre à Pies

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6 réponses

  1. Chers disciples,
    Un léger désaccord au sujet de la réalité fantasmée du manque symbolique de l’objet non imaginaire mais parfois refoulé qu’est le phallus pourrait prochainement nous conduire avec Jack vers une scission que je crains « irait-mes-diables ». Ce dernier semble me prêter de façon projective la haine de ses idées, proclame fièrement à ses disciple la crétinisation (une expression chère à mon prophète et maître homonyme) de mon respectable inconscient, tout en qualifiant de médiocre la tribune par laquelle je vous nourris et en insinuant, là encore tout à fait projectivement, que je serais victime d’une libido défaillante.
    Les limites des bornes inconscientes sont bien dépassées si bien que j’appelle au rassemblement de tous mes disciples préalablement équipés de leurs amulettes freudiennes en vue d’une lutte que j’imagine déjà héroïque!

  2. Monsieur Jean-Marie de Lacan,

    je ne vous permets pas de traîner dans la boue mon bon maître Jack ! Dois-je vous rappeler que tel un étalon lacanien, il peut ensemencer 30% de ses clientes stériles par l’opération de son saint-inconscient !

    « PS : les symptômes qui ont conduit la cousine de Milan à me l’adresser ont disparu en 2 ou 3 séances… Comme quoi l’écoute analytique a des effets plus rapides qu’on veut bien le reconnaître souvent… Mais il s’agit là d’une rapidité de disparition des symptômes dont l’analyste ne se vante pas (contrairement à d’autres qui ne manqueraient pas de publier des statistiques… Et tiens.. si je parlais un de ces jours des 30% de femmes « stériles » sorties enceintes de mon bureau sans que je ne fasse autre chose que de les écouter ?)… Parce qu’il sait que le symptôme ne manquera pas de réaparaître si sa cause profonde n’a pas été élucidée.  »

    http://jacksblogue.wordpress.com/2010/05/24/entre-maime-et-nhaine/

    Maître Grinéli

    • En voulant faire appel à toute la force de sa sublimation, Jack se met à me considérer comme l’un de ces vulgaires escrocs de biolos… Sans le savoir et telle une douce lingette humide, il nettoie le chemin de notre croisade. Ces propos mériteraient presque leur place sur ma tribune :

      « La meilleure des réponses à faire aux provocations est de les ignorer (on ne va tout de même pas perdre notre temps avec quelques médiocres agités) et de continuer notre travail pour faire valoir la réalité des mérites de la psychanalyse quoi qu’en disent les hordes d’imposteurs scientistes (surtout spécialistes des études et recherches statistiquement bidonnées, inversion des rapports de causalité présentées comme des évidences, proclamations bruyantes et officielles d’origines génétiques de certain troubles JAMAIS réellement prouvées par l’observation du génome etc…), dont l’inculture épistémologique n’a d’égal que leur ignorance de ce qu’est réellement la psychanalyse. »

      Je renouvelle donc mes remerciements à l’égard d’un rival que je respecte aussi profondément que sont enfouis nos inconscients…

  3. J’opterai plutôt pour le fait que VOUS manquez de phallus probant…. pauvre patiente, je la plains….

  4. Laëtitia, vous ne parviendrez pas à faire sortir mon phallus de ses gonds! Et vous êtes bien la seule à douter de sa puissance…

  5. Je suis sure qu’à force de rires, il en perdrait son latin!

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