Homos : pas de renta(bi)lité ?

Chers disciples,

Notre instances dominantes, perverties par le diable progressiste mondialisé, croient bon de légiférer à tour de bras pour satisfaire la voracité d’un grand Autre social malade. Si ces grands décideurs avaient davantage tenu compte de nos prophéties avant de légaliser le divorce et d’offrir le droit de vote aux femmes, nous n’en serions certainement pas à débattre au sujet d’une telle abbé-ration.

Avant toute chose, il est de bon ton de rappeler que, contrairement à une idée très répandue et hautement diffamatoire, le Prophète Premier n’était pas plus homophobe que misogyne, et ne l’est toujours pas depuis sa résurrection. Je saurai vous fournir les arguments adéquats lors d’un prochain billet consacré à la paix des rats ch’tis à travers les temps psychanalytiques.

Ce qui nous intéresse aujourd’hui est l’éventualité d’une possibilité hypothétique ayant trait au droit symbolique de deux sujets du même sexe de procréer. Il est assez désopilant de constater qu’en des lieux plus ou moins recommandables, certains penseurs à la petite semaine voudraient se passer des psychanalystes pour formuler des élucubrations ultra-libertaires, donc liberticides. Ce serait oublier que depuis maintenant plus d’un siècle, seuls nous sommes en mesure d’approuver la procréation. Je pense notamment à ces dizaines de couples qui viennent me consulter pour des problèmes de fertilité, angoissés par l’approche de l’amen-aux-pauses, et à qui je réponds systématiquement que ce n’est pas moi qui décide, mais l’inconscient tout puissant, et que pour cet inconscient : le temps, c’est de l’argent!

Mais revenons-en au problème de ces homosexuels qui revendiquent le droit de procréer, de s’approprier un enfant au mépris, non pas des lois de la nature, mais des lois freudiennes telles qu’elles ont été établies je le rappelle il y a plus d’un siècle. Je salue amicalement l’archevêque Jean-Pi Jabba d’Hiver (ainsi que son noble prénom composé) qui reste l’un des seuls à oser s’indigner et rappeler des commandements sacrés que certains même d’entre nous piétinent en public. Je veux bien-sûr signifier l’ancien camarade et désormais infidèle Serge Hefez qui succombe depuis peu à la mauvaise démagogie, que dis-je, à la démon-orgie organisée par le scientisme. Mais ces aimables biolos et leurs méthodes sataniques de procréation n’ont pas l’apanage de la démagogie ! Nous les surpassons même aisément dans le domaine !

En effet, dans tout ce marasme, qui pense réellement aux enfants sans se laisser obnubiler par le désir de parenté ? Nous, nous et encore nous ! Nous sommes les seuls, non seulement à défendre le désir de l’enfant, mais aussi et surtout à le connaitre avant de le voir naitre. Nous savons qu’un enfant préférerait largement ne pas voir le jour que de se retrouver au sein d’une triangulaire œdipienne pervertie dont on ne pourra jamais garantir l’absence d’effets dramatiques ! Nous savons qu’un enfant abandonné ne souhaite pas être adopté par des parents non signifiants du réel génético-pulsionnel qui l’a engendré, et encore moins par deux parents du même sexe dont l’amour, aussi puissant qu’il soit, ne compensera jamais la faiblesse symbolique de leur union anti-anale-lytique.

Il nous faut percevoir dans l’introduction d’un tel débat, sur une homoparentalité que nous saurons avorter, une nouvelle tentative d’essayer la tentative de mettre à mal nos théories et de par la même notre communauté. Que ces pourfendeurs de la psychanalyse sachent que nous résisterons comme nous avons résisté au divorce, aux familles recomposées, monoparentales, aux mères porteuses, au procréationnisme scientiste médicalement assisté ou encore aux femmes couguars ! Si le grand Autre social contaminé par le démon nous fait l’audace de légitimer une nouvelle fois la ration de l’abbé, sachez que notre glorieux et insaisissable complexe d’Œdipe saura à nouveau s’adapter, tout expliquer, tout justifier, nous excuser et nous glorifier.

L’essentiel pour nous autres est de maintenir à tout prix notre chaine « analimentaire », cette culpabilisation transgénérationnelle qui nous fait vivre depuis plus d’un siècle. Cette chaine repose en premier lieu sur la culpabilisation parentale : celle d’une mère qui ne sera jamais suffisamment bonne comme l’écrivait Winnie le Coït mais également celle d’un père dont nous encourageons l’absence réelle au profit de la présence symbolique et du fameux « nom du ». Grâce à la divanescence prolongée de ces parents, rabattus vers nos cabinets par nos précieux et conquis journalistes, médecins et autres philosophes, nous nous assurons la transmission de cette culpabilité à leur progéniture, réelle ou symbolique : des enfants qui auront tôt ou tard l’impression de ne pas être suffisamment bons pour leurs parents. Ils viendront alors se faire divanalyser, et la boucle est bouclée !

Il nous reste encore à clarifier une éventuelle homosexualisation de l’Œdipe non refoulée, et que l’on ne pourra donc pas forcément associer à la bienheureuse paranoïa. Avons-nous idée de ce que pourrait devenir un enfant soumis à deux « noms du père », et notamment si ces derniers s’avèrent discordants ? Serait-il inversement castré et condamné à l’hypersexualité ? Serait-il doublement castré et condamné, comme le sexe faible à la quête du pénis toute sa vie? Ces deux « noms du père » superposés deviendraient ils un « oui du père » apocalyptique signant la fin de l’humanité toute entière ? Mais une question encore plus angoissante fait à l’instant irruption dans mon inconscient : et si la conjonction de deux mères insuffisamment bonnes aboutissait à une mère suffisamment bonne ? Diable ! Sacrilège ! Nous sommes condamnés !

Avortons l’homoparentalité!

Je vous offre en supplément un petit extrait de la parole de l’archevêque, une parole délivrée en Suisse donc plus neutre, libre et bienveillante. Celle-ci est recueillie comme la plus divine des semence par un quotidien local. Vous noterez comme Jean-Pierre retourne subtilement la biolo-génétique à notre avantage :

– Pourquoi la différence des sexes est-elle si importante pour la construction psychique de l’enfant?

– Parce que son anatomie, qu’il l’accepte ou qu’il la réfute, signe son rapport à l’autre, à l’altérité, à l’énigme de la jouissance sexuelle. Et aussi au conflit en lui entre son être mortel et l’intemporalité de la Vie. Admettre, quand on naît garçon qu’il y a des filles et quand on naît fille qu’il y a des garçons ,est le passage obligé qui permet à chacun de se développer dans le génie de son sexe. Comme le disait Freud: l’anatomie c’est le destin!

– De quoi un enfant a-t-il besoin, en plus de l’amour et de l’éducation?

– Il a besoin de s’inscrire, à travers des mots qui lui sont adressés, dans une histoire qui tienne debout. Longtemps, on a raconté des fables aux enfants, en brodant sur les choux et les cigognes. Les enfants sentent bien qu’on les mène en bateau et que quelque chose de crucial se joue, qui a à voir avec le corps des parents. Face à la fable, ils ont le choix entre désavouer leur propre perception ou cesser de faire confiance aux adultes. C’est le genre de choix impossible qui peut mener à la schizophrénie. Heureusement pour eux, à un moment donné, la fable s’efface devant la réalité. Aujourd’hui, on voudrait en quelque sorte faire une loi qui cautionne la fable. Lorsque deux lesbiennes disent à un enfant: ta deuxième maman et moi, on avait très envie de t’avoir, et on t’a eu. Bien sûr, on a eu recours à un tiers, mais ce n’est pas important. Tu es le fruit de notre désir. L’enfant sait qu’il ne peut pas être le fruit du désir de deux femmes, l’histoire ne tient pas debout.

– Elles lui ont tout de même dit
la vérité, en parlant du tiers…

– Mais l’essentiel du message est qu’il ne compte pas. Qui est-il, ce tiers mystérieux qui a présidé à sa conception et a disparu de sa généalogie? Quel est son désir à lui? Et comment va-t-il entrer dans l’histoire de l’enfant?

– On ne peut pas ramener
la procréation à la biologie.

– Bien sûr que non. La procréation est au croisement du biologique et du sociétal. Il y a un fait biologique à la base, auquel s’ajoute une construction juridique et sociétale.

Hétérosexuellement vôtre,

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Catégories :Blesse-Femme, Cas leçons, Concis des Rations, Pro-Fesse Scie

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1 réponse

  1. Enfin une parole de vérité sur ce grave sujet de société.
    Et même deux: « C’est le genre de choix impossible qui peut mener à la schizophrénie. » N’est-ce pas là le bon sens même?
    Dommage toutefois qu’on n’ose pas encore dire que cela fait également des autistes, mais bah, cela viendra.Tellement c’est évident.

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