Spiderman ou quand l’œdipe est dopé

Chers disciples,

En ces temps de guerre sainte, j’estime qu’il est de mon devoir de vous divertir en temps vous-lu, puisqu’il s’agira en ce mercredi qui se sait permis d’aborder les différents signifiants offerts par l’un des plus fameux suce-père héros de nos enfants : j’ai nommé Spiderman, une version probablement pervertie, pour ne pas dire deux zéros pointés du personnage Peter Pan phonétiquement très proche, du moins trop proche pour que cela passe inaperçu dans mon un_conscient averti, qui en vaut bien deux.

Le Peter reste un pis-terre, toujours orphelin, mais le Pan devient Parker, pour ne pas dire par-terre ni parquet, en somme tout ce que le jeune homme cherchera à fuir tout en faisant fuir des bourses tuméfiées. Car il est effectivement question d’une perversion des plus malsaines, de cette satanée tendance de l’empire américain à repousser les bornes des limites de la surenchère. Mais lorsqu’il s’agit d’une limite comme l’œdipe, fixé par notre prophète pour sauver l’humanité du cataclysme que représenterait l’absence de névrose, il convient de renforcer les remparts de notre fort intérieur franco-argentin et de protéger nos petits d’Homme de l’extinction des divans.

L’aimable auteur Stan Lee, n’ayant su digérer comme il se doit l’œuvre fondatrice, et n’ayant eu connaissance de l’indispensable révolution lacanienne, s’est laissé compta-miner par les odieuses théories pavloviennes, recyclées par des comportementalo-fachos fermement convaincus de la possibilité d’un inconscient dopé aux stéroïdes qui viendrait assouvir un fantasme correctif d’un oedipe mal formulé, mal refoulé, puis un autre fantasme d’ultra-rentabilité de l’Homme moderne.

Pour m’expliquer plus clairement auprès du petit peuple, certains esprits malades croient encore en une adoption synonyme de rédemption œdipienne, une adoption qui viendrait colmater l’incomplétude d’un complexe d’œdipe et palier à la psychose qui lui incombe. Or nous savons bien depuis maintenant plus d’un siècle qu’un manque ne peut se combler qu’en faisant sa psychanalyse et non en suivant les conseils de ces vauriens de cognitivos qui vous poussent sans vergogne, ni gigogne à ingurgiter toutes sortes d’insectes en vous promettant la disparition de la sainte phobie.

Ce pauvre Peter en fait hélas les frais, la malédiction mutilatoire qui « découille » de cette morsure d’araignée s’étend bien au-delà de l’inconscient pour toucher son corpus physique jusqu’à ses limites astrales. La psychose infantile, que certains nous feraient encore passer pour de l’autisme, qui en résulte apparait littéralement décuplée. Par je ne sais quel processus, non loin de l’hallucinose la plus invasive, le petit Peter voit ses fantasmes œdipiens les plus sains prendre des proportions délirantes.

L’image du corps s’en trouve profondément modifiée avec l’apparition de petits velcros sur les mains, évoquant invariablement le terrible piège des poils pubiens maternels spécialisés dans la séquestration pénienne et la rétention fœtale. La saine rivalité avec un père absent car disparu puis insuffisamment compensée par une instance oncléale défaillante devrait aboutir à une débilité légère, à savoir quelque chose de pas très grave, or non : une véritable boursouflure testiculaire s’accompagne d’une duplication pénienne puis d’une migration vers les membres supérieurs, chaque poignet bénéficiant d’un méat dirigé par l’inconscient et voué aux fameux jets de foutre. Cette dissémination si agressive de la semence vient à l’évidence répondre à un manque : celui d’une mère à combler.

Les ennemis sont également révélateurs de la dimension holocaustique, mutante et mutilée de ce complexe d’oedipe, à commencer par le fameux Bouffon Vert : le père-vert symbolique de la rage de Peter non cadenacée par une instance paternelle trop castrée, ou encore l’Homme-Sable révélateur des angoisses de liquéfaction caractéristique de ces psychoses de l’enfance. Le non moins impressionnant Docteur Octopus vient rappeler l’omniprésence de l’absence du phallus maternel, à savoir l’absence d’une absence, le trou d’un trou lui-même vide de ce à quoi il aspire, une conception si inimaginable que la puissance métaphorique s’en trouve décuplée. Nous nous trouvons donc face à trois représentations de ce terrifiant sexe maternel : l’araignée, la plante carnivore et la pieuvre, soient tant de preuves irréfutables de la vora… Pardon, véracité psychanalytique!

Avant de vous quitter je vous redirige fièrement vers le disciple de notre regretté frère Jacasse : Jacassin, qui s’était penché sur ce phénomène duquel nos petits d’Homme doivent être protégés.

L’homme araignée n’est ni plus ni moins qu’un non-sens ! L’araignée, c’est l’absence de pénis, donc la mère !

Censurez l’homme-araignée !

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Catégories :Blesse-Femme, Cas leçons, Concis des Rations, Non-Dupe-Elvis, Terre à Pies

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8 réponses

  1. Pour ajouter de l’Oh! à votre mou-l’un, nombre de futures mères tricotent pendant la gestation, comme préparant leur infâme piège sous la forme d’une innocente layette qui entravera efficacement les mouvements de leur pauvre progéniture

  2. Par ailleurs, le gigantesque complot d'(a)mère-rit-canis[encore une image des dents de la mère]-ation imposée dès l’âge infantile, qui apparaît de plus ici sous la formule d’homme-à-régner, laisse suggérer le penchant de domi-naissions(ou nations) mégalomane des napoléo-cognitivos frustrés.

    Tout en confirmant à une toute autre échelle nos affirmations à propos du fir-maman des mères étouffantes créant la psychose chez leur enfant… La boucle est bouclée.

    Merci pour cet éclaircissement.

  3. Ce qui vaut mieux que d’orifice discipliné sous-con-trainte !

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