CIPPA vraiment ce qu’on pense, Vol. 2: quand la bulle boit l’eau…

Lorsque la Sorcière Scientiste s’est présentée à mon camarade et frère de la Bulle Boit l’Eau, ce dernier n’imaginait pas qu’un si beau décolleté puisse cacher une infâme sorcière scientiste. La fascination évidente de cette femme pour son modeste 200 mètres carrés, face à Notre-mal-nommée cathédrale, ne pouvait être que pathognomonique d’une quête de pénis en bonnet-haut-de-forme. Au plein-la-vue devait donc succéder un plein-les-oreilles qui s’est hélas transformé en trop-plein-la-caméra. Toutes ces paroles saintes se sont alors retrouvées entre de mauvaises mains, à savoir littéralement possédées par la salsa du démon. Comme je le disais au dernier séminaire du paluchard fort-clos : « une sainte mainmise vaut mieux que deux mauvaises mains tuent l’aura ».

Heureusement pour mon camarade, quelques-uns de mes disciples est-ce-pions bien placés non loin de ce décolleté satanique sont parvenus à récupérer quelques séquences non castrées, un tait-Graal comme fut-il, au sein du saint desquelles nous pourrons donc découvrir notre vérité telle qu’elle fut dictée à la machine de capture d’images en mouvement.

Amante non censurée = autisme assuré : CIPPA vrai!

Le camarade nous confie :

Dans son montage sur les psychanalystes et l’autisme, elle utilise ce passage comme si je voulais démontrer que l’autisme était causé par une insuffisante censure de l’amour de la mère pour son enfant. Interviewé plus précisément sur l’autisme, j’ai fait part de mon hostilité à toute perspective rendant les parents responsables de ce trouble de l’enfant.

Nous pouvons le constater en lisant l’un-tait-Graal (les passages non castrés sont en minuscule) :

SR: il y a l’idée force en psychanalyse que pour que le langage apparaisse il faut séparer la mère de l’enfant. Il faut que quelqu’un vienne casser, couper le cordon, couper cette symbiose, ce qui suppose que cette coupure ne serait pas naturelle, ce serait un phénomène de la culture contre un phénomène naturel?

LDB: en gros dès le départ on n’est jamais deux, mais le problème c’est de savoir quel est le statut qu’on va faire jouer au troisième. Pourquoi je dis qu’on n’est jamais deux? IL Y A DES PSYCHANALYSTES QUI IL Y A TRES LONGTEMPS ONT PARLÉ DE CE QU’ON APPELLE LA CENSURE DE L’AMANTE. ÇA VEUT DIRE UNE CHOSE TRES SIMPLE, QUAND LA MERE EST EN TRAIN DE CHANGER LE NOURRISSON, ET PUIS QUE TOUT D’UN COUP ELLE PREND UN PEUT TROP DE PLAISIR A SON PROPRE GOÛT DANS LE TOUCHER QU’ELLE A DE SON NOURRISSON, ET ELLE SE DIT MAIS OH LÀ LÀ C’EST BIZARRE, C’EST PAS LOGIQUE, LA JE LE TRAITE PAS COMME…

SR: UN GESTE INCESTUEUX?

LDB: UN PEU INCESTUEUX, QU’EST-CE QU’IL SE PASSE? ELLE VA PENSER A L’HOMME AVEC LEQUEL ELLE L’A CONÇU, EN D’AUTRES TERMES À SON AMANT ET DU COUP ÇA VA CRÉER UNE DISTANCE ENTRE ELLE-MÊME ET LE NOURRISSON EN QUESTION, C’EST CE QU’ON APPELLE LA CENSURE DE L’AMANTE. Dès le départ si vous voulez une mère elle a quelqu’un dans la tête quand elle est avec l’enfant, et puis si elle a pas toujours le père de l’enfant elle a aussi son propre père; il y de toutes façons quelqu’un, elle est jamais complètement seule.

SR: IL FAUT QU’ELLE AIT UN HOMME DANS LA TÊTE POUR QU’ELLE SOIT PAS DANS UNE RELATION INCESTUEUSE AVEC SON ENFANT?

LDB: MAIS C’EST PAS IL FAUT QUE, C’EST QU’ON NE PEUT PAS Y ÉCHAPPER!

Nous constatons d’une part qu’à aucun moment il n’est question d’autisme ou de psychose, et d’autre part cette évidente hostilité à l’égard de tout ce qui pourrait rendre les parents, qu’ils soient toxiques ou incestueux, responsables de l’autisme.

Il faut abdiquer l’idée d’une progression : CIPPA vrai!

L’abdication n’est que symbolique, un vrai-semblant tout à fait vraisemblable. L’exploit consiste à mieux feinter l’indifférence pour mieux saisir l’émergence du symptôme, le fessignifiant, le fait d’arme qui fera sens en tant que progrès commune-et-ment commune-niquant, le saisir, le retenir puis le relarguer ponctuellement lors des réunions, et enfin le faire saupoudrer par-simone-yeux-se-ment face à l’amante mal censurée, une sadique-analyse dont les vertus thérapeutiques ne font aucun doute.

Le camarade de la Bulle Boit l’Eau se révèle ainsi non seulement progrès-soeur, mais également progressiste au point de réclamer les autres approches pour mieux les corriger. À ceux qui doutent encore de son ouverture, lisez-le :

Sur le plan du soin, je lui ai dit que depuis 20 ans je participe à des prises en charge pluridisciplinaires. Ma conviction est que la psychanalyse est utile à l’enfant autiste à condition qu’elle soit articulée à un ensemble d’autres interventions régulières (orthophonie, psychomotricité, ergothérapie, travail de la communication non-verbale notamment).

Là encore, ces propos sont confirmés par un extrait étrangement coupé au montage (comme de par hasard…) :

SR: si je vous comprends bien si on essaie de pousser, d’éduquer un enfant autiste, ça va produire l’effet inverse?

LDB: oui, il y a des tas de méthodes à l’heure actuelle qui grosso modo essaient de dresser les enfants autistes.

SR: vous parlez des méthodes comportementalistes?

LDB: voilà les méthodes comportementalistes. J’ai des doutes par rapport à l’efficacité au long terme de méthodes comportementalistes uniquement utilisées comme telles.

Nous restons effectivement ouverts à toutes les approches, mais sans chercher à conditionner à tout prix, car priver un enfant de son symptôme, c’est aussi le priver de la méthode qu’il a choisie pour communiquer et faire face à ce monde cruel, à ces parents cruels qui l’entourent, le priver de son âme tout simplement. Voilà pourquoi il nous tient à cœur de faire en sorte, par un déconditionnement subtil, que ces conditionnements sacrilèges ne tiennent pas sur le long terme, et de le clamer discrètement mais surement.

Le plaisir de s’intéresser à une bulle de savon = ce qu’un enfant autiste peut raisonnablement attendre d’un travail analytique en termes de résultat : CIPPA vrai!

S’il est hors de question que nous nous rabaissions un jour à garantir des résultats, cela ne signifie par pour autant qu’il n’y en aura pas. La fameuse affaire de « la bulle qui prend l’eau » n’est que la conséquence d’un lamentable sortilège de castration comme le précise lui-meme notre frère :

J’ai souligné que la maîtrise du regard devait faire l’objet d’une récupération assistée, non d’un conditionnement. Pour expliquer ce qu’était une récupération assistée, j’ai parlé du préalable que constitue le suivi visuel d’un objet en mouvement, étape décisive pour l’organisation du pointage et de l’attention conjointe. C’est à ce propos que j’ai parlé de l’intérêt des bulles de savon que l’enfant a plaisir à suivre du regard, qu’il cherche parfois à crever du doigt, pour finir par montrer l’endroit où elles ont disparues. J’ai expliqué comment cette succession d’événements partagée avec l’adulte autour de la bulle de savon et de sa disparition, parce qu’il s’agit de moments affectivement investis, pouvaient être le point de départ d’une communication authentique. La réalisatrice a coupé toute ma démonstration pour ne laisser qu’un passage dès lors incompréhensible.

Nous constatons effectivement que cet intérêt pour la bulle de savon est en réalité l’aboutissement d’un long travail acharné pour récupérer le regard du petit psychotique. Quel comportementalo-facho peut se vanter, d’une part de souffler d’aussi belles bulles que nous, d’autre part de les faire crever, sans tricher, par son patient? La réponse est évidente : aucun, ce qui est la preuve que nous sommes tout bonnement, et tout boniment, indispensables.

L’un-tait-Graal demeure également éloquente à ce titre :

SR: QU’EST-CE QU’UN ENFANT AUTISTE PEUT RAISONNABLEMENT ATTENDRE D’UN TRAVAIL ANALYTIQUE? EN TERMES DE RESULTAT?

LDB: (sourire, soupir, silence, se gratte la tête) LE PLAISIR DE S’INTÉRESSER À UNE BULLE DE SAVON. JE PEUX PAS VOUS REPONDRE AUTRE CHOSE… je sais bien que la réponse que je viens de vous faire est une réponse trop esthétique et face à la souffrance des parents qui ont le malheur d’avoir un enfant autiste la réponse que je viens de vous faire est extrêmement critiquable, et je le sais…

Notez bien comme la sorcière scientiste a précieusement ôté les propos ultérieurs du camarade qui démontrent sa profonde empathie pour les parents ainsi que sa remise en question permanente. Quelle honte vous dis-je!

Tout cela valait bien quelques centaines de milliers d’euro supplémentaires à réclamer mais le camarade Laurent, dans toute sa noblesse de psychanalyste, préfère laisser à la sorcière une chance de s’excuser avant d’accepter le sort qui lui revient : le bûcher.

Je ne serai pour ma part jamais aussi clément. Je condamne la Sorcière Scientiste à subir la performance d’un artiste tout aussi bulleux, et à remuer son décolleté au rythme de son chant très signifiant :

Bulleusement vôtre,

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Catégories :Est-ce car Mouches?, Petits Fions et Laits Très Fermés, Sorcière Scientiste, Terre à Pies, Trouduction

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9 réponses

  1. Bravo cher Laurent,

    En ces temps de terrorisme intellectuel, de pression d’un systeme décadent, il ne reste plus que la psychanalyse comme ultimen rempart au fascisme. Et il s’agit bien de cela, le fascisme de la parole d’abord, tronquée, baffouée, torturée.

    Car oui, il est évident en ces temps de crise que la maternité psychogène n’a jamais été si prégnante (si j’ose dire). Pour s’extraire de leur condition immuable, elles baffouent jusqu’à nos professions. Est ce notre faute si elles n’ont pas de signifiants phalliques? Est ce notre faute si leur representation est mutilée? Si elles n’éxistent pas sont elles obligée de voler leur identité à leurs enfants?

    N’allons pas plus loin car si beaucoup de femmes aujourd’hui empêchent la croissance de leurs enfants, c’est aussi vrai à l’echelle d’un pays. Certains trouveront cette symbolique très cavalière et pourtant la preuve est sous nos yeux. A la crise identitaire d’une femme à la recherche de son moi s’ajoute celle de pays à la recherche de leur souveraineté.

    Je crois qu’il est temps que la psychanalyse franchisse un nouveau pas, celui du diagnostic prénatal, à l’IMG je proposerais désormais l’IPG, l’interruption psychologique de grossesse. Après un diagnostic approfondi de la mère nous pourrons juger de la viabilité de la croissance potentielle de l’enfant. Car c’est trivial mais une femme psychogène engendrera des psychotiques. C’est si banal que seuls les psys peuvent encore le dire, pour combien de temps encore?

    Et si le 21 décembre 2012 c’est la fin des temps, nous en avons déjà les prémisses sous les yeux…

  2. J’ai adoré grand maître! C’est bien digne d’un grand défenseur de la cause Lacanienne ! XP

  3. JMDL, le dernier chef-d’oeuvre du collectif psy n’attend que vous pour une explication de texte… J’ai bien tenté de faire qqch mais je trouve le texte déjà tellement autocaricatural dans le registre « c’est vrai puisqu’on vous le dit ». C’est sublime, il n’y a qu’à copier / coller ici!

  4. La sorcière … fille de Satan ! Diable que c’est effrayant !

    Au bûcher ! Au bûcher !

  5. Mais qui a jamais osé parler de SEXE faible… ???

Rétroliens

  1. L’émérite de la fée du néant qui tise « Jean-Maŕìe de Lacan

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