Les drôles de dames de l’ECF [épisode pilote]


Il était une fois trois filles superbes qui avaient décidé de s’engager dans la police de l’inconscient. Comme elles n’existaient pas, le cardinal Chat-Calin les avait cantonnées dans des travaux bien peu passionnants. Alors moi, Jean-Marie de Lacan, je les ai sorties de ce cauchemar pour les engager et je ne le regrette pas, car ce sont vraiment, de drôles de dames.


Cueillette du Gui alias « la brune »

Anciennement : shampouineuse des divans cardinaux

Désormais : chargée des missions de dénégation, de la restauration des façades de nos temples et de la défense du monopole psychanalytique en ce qui concerne la notion de « parole ».


Agatha Flots alias « la doyenne »

Anciennement : ouvreuse en chef du temple premier

Désormais : prophète en seconde de la division anti-nazie, chargée des questions éthiques-étage en rapport avec les méthodes de tortures comportementalo-fascistes, et grande évaluatrice des ravages de l’évaluation.


Jeanette Rongeot alias « la blonde »

Anciennement : préposée à l’entretien des machines à écrire, responsable de l’approvisionnement en capsules Nespresso et présidente du fan-club du cardinal

Désormais : spécialiste des questions d’inexistence, d’insignifiance et de médisance, grande gardienne de la frontière entre étayage et dressage, ensorceleuse de cognitivos et animiste végétalienne.


Briefing de mission

Bonjour les filles, vous n’êtes pas sans ignorer de ne pas savoir à quel point notre discipline sainte est aujourd’hui malmenée par le fascisme ambiant. Nous sommes attaqués de toute part, de nulle part et de grand part au point que nos remparts faiblissent. Nos alliés d’autrefois retournent leur veston, qu’il s’agisse des politiciens, des philosophes, des historiens ou encore et surtout des médias. J’en viens donc à ce qui nous amène sur le chemin dirigé vers ce qui inaugure l’entrée en matière de votre prochaine mission : cette couverture du Nouvel Observateur qui nous rappelle évidemment les heures sombres de notre histoire.

Votre mission, vous la connaissez déjà : il s’agit de rétablir notre vérité par de saintes écritures.

Vos armes seront une fois de plus les mots-clés lacaniens : inconscient, sujet, parole, symbolique, langage, humanisme, haine, évaluation, gauche, singularité du sujet, totalitarisme, dressage, forclusion, scientisme et j’en passe…

Que votre désir émerge dans les prochains jours

Pour Lacan!

JMDL


Déroulement de la mission

1. La brune ouvre les hostilités avec douceur et volupté en nous délivrant la divine promesse d’une psychanalyse moderne, bien au fait des « nouvelles impasses produites par la civilisation hypermoderne occidentale ». J’en veux pour preuve une triple salve de preuves implacables :

  • Un livre, qu’il faudra savoir lire pour découvrir que l’inconscient a évolué et que les psychanalystes sont là pour en témoigner.
  • Selon nous, l’homosexualité n’est plus une maladie. Les homosexuels ont désormais le droit de souffrir et de faire leur psychanalyse.
  • Le discours analytique n’est pas périmé aux États-Unis. Il a même vieilli comme un bon cognac au point que les américains seraient prêts à renégocier la formule lacanienne selon laquelle la femme n’existe pas.

Mais c’est avant tout par sa résistance que la psychanalyse évolue et progresse dans le bon sens :

Nous refusons ainsi l’évaluation qui entrainerait « déshumanisation et dissolution du sujet », et qui n’est rien de moins que l’une des manifestations du voyeurisme et de l’exhibitionnisme de notre civilisation « hypermoderne ». Munis de leurs caméras, imageries cérébrales, techniques de procréation, grilles et autres escabeaux, les scientistes n’ont aucun autre objectif que de bâillonner la population, de lui oter la parole que nous cultivons comme personne.

Est-ce vraiment d’une société sourde et muette que nous voulons?


2. La doyenne prend le relai le lendemain et nous rappelle, au cas ou nous l’aurions oublié, que le dernier à avoir voulu brûler la psychanalyse se nomme Adolf Hitler : il a d’ailleurs échoué!

N’oublions pas que rejeter la psychanalyse revient à se prosterner devant les TCC dont elle décrit très finement le principe :

C’est le principe du lavage de cerveau qui a sévi dans tous les camps de concentration et de rééducation des régimes totalitaires. (citation garantie sans trucage)

N’oublions pas que l’évaluation conduit irrémédiablement au suicide :

[…] le discours de l’évaluation répand sa culture totalitaire dans tous les lieux de socialisation obligatoire : à l’école, sur les campus universitaires, dans les entreprises et dans toutes les administrations. Le résultat de l’évaluation, nous le connaissons : c’est le suicide de plus en plus répandu chez les enfants et les adultes qui en sont victimes, et cela dans toutes nos sociétés démocratiques. (citation garantie sans trucage)

Évaluer nos pratiques reviendrait donc à nous pousser au suicide!

Il est également criminel de nous inciter à remettre en question nos théories :

La psychanalyse nous enseigne que la logique de la critique appliquée à soi-même, c’est celle du surmoi. C’est un pousse-à-jouir obscène et féroce s’il n’est pas désactivé par l’analyse, et c’est pour cette raison que l’autocritique pousse au suicide. (citation garantie sans trucage)

Quant à ce torchon du Nouvel Observateur, la triste vérité émerge enfin :

Comment ce journal, autrefois fleuron d’une gauche démocratique et intellectuelle peut-il flirter avec un tel populisme? Skinner, gourou des TCC, pensait que la liberté est un luxe qu’on ne peut pas s’offrir. Ce journal craindrait-il la liberté? Est-ce là le secret de sa haine pour la psychanalyse? (citation garantie sans trucage)


3. Enfin, la blonde, dont je ne parvient guère à cacher qu’elle demeure ma favorite, fait bel et bien honneur à sa chevelure dorée. Elle opère délicieusement sous la forme d’une rétrospective de la saga persécutive dont nous sommes victimes, et qui remonte jusqu’à l’inquisition médiévale.

D’une grande clairvoyance, la blonde révèle les véritables intentions cachées de cette journaliste, des intentions que nous ignorions tous :

[…] il s’agit dans les faits, clairement, d’un titre accrocheur du Nouvel Observateur, pour faire vendre ses numéros […]

Elle nous rappelle que selon une sainte pétition internationale, 11 100 personnes se déclarent pour « l’abord clinique de l’autisme », ce qui constitue une preuve incontestable du rayonnement mondial de la psychanalyse ainsi que de sa légitimité à ne pas faire sortir les petits d’Homme autistes de ses temples puisqu’ils y trouvent la liberté d’une parole en attente d’émergement.

Que représente donc ce petit député UMP nommé Fasquelle face à ce déferlement international de 11 100 acclamations?

Que représente le petit bataillon de 148 experts de la HAS face à ce déferlement international de 11 100 acclamations? Et d’ailleurs :

Qui sont les grands experts en capacité de nommer les experts chargés de nous expertiser?

Que représente le collectif de spécialistes de la psychanalyse (historiens, philisophes, psychiatres etc.) du Livre Noir, Jacques Benesteau ou encore Michel Onfray face à ce déferlement international de 11 100 acclamations?

Que représente le documentaire de Sophie Robert face à ce déferlement international de 11 100 acclamations? (d’autant plus s’il est censuré et qu’il est interdit de prononcer son nom!)

Que représente le rapport scientiste de l’INSERM face à ce déferlement international de 11 100 acclamations? D’autant plus que, argument implacable :

Madame Roselyne Bachelot Narquin, est revenue en son temps sur ce rapport, participant même à un colloque organisé par l’Ecole de la Cause freudienne, le 1er février 2008

Et nouvel argument implacable :

Bruno Falissard a reconnu que ce rapport de l’INSERM visant l’évaluation des psychothérapies n’était en fait qu’une recension des articles scientifiques publiés dans les revues internationales

Quant à ce qui est d’expliquer ce que nous faisons de ces enfant autistes :

Toute rencontre clinique avec un sujet autiste commence par un repérage du rapport à l’Autre du sujet et au réel auquel il a affaire. […]À partir de ce premier repérage, nous accompagnons ces sujets, afin de les aider à traiter l’angoisse suscitée par le monde, qui peut parfois n’être perçue que par ses conséquences : le repli, la violence ; quant au savoir, la psychanalyse ne croit pas à l’existence d’une Méthode d’accès au savoir, mais au contraire, à l’existence de multiples modalités d’entrer dans ce champ.

Il est évident que ces multiples modalités ne doivent absolument pas inclure les TCC et les produits vendus par l’immonde industrie pharmaceutique. Pour terminer sur l’ABA, il est de notoriété publique que ses effets sont surestimés et son efficacité mensongère. Et d’ailleurs il paraît que l’opinion publique envisage de brûler l’ABA mais la presse ne semble pas s’y intéresser autant que nous :

L’opinion publique est donc bien loin d’être convaincue par les pratiques cognitivo comportementales, malgré la campagne pro-ABA et autres techniques de dressage préconisés pour les enfants autistes, qui alimentent régulièrement les pages de nos quotidiens ces dernières semaines.


Débriefing de mission

Bravo les filles, vous ne m’avez pas déçu tout comme vous n’avez pas déçu le grand oraclacanien. Vous n’aurez toujours pas la possibilité d’obtenir un visuel de mon phallus, il en va de votre sécurité. En revanche, mes disciples se chargeront de démêler vos chevelures qui semblent avoir bien souffert ces derniers temps.

Mais au fait : où est donc passé Bosley?

(Suite au prochain épisode, si toutefois la série est financée par le cardinal…)


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Catégories :Blesse-Femme, Concis des Rations, Est-ce car Mouches?, Petits Fions et Laits Très Fermés

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19 réponses

  1. Ah bon la blonde est votre préférée ? Déçue, je suis déçue !!!!! Je vais de ce pas me réfugier dans les TCC !

  2. Magistral ! Jean Marie de Lacan sera nommé par la pétition des 11100 valeureux alliés, formateur de formateur d’experts !

  3. Vénérable JMDL, ces femmes ont amplement mérité votre confiance…!!!!

  4. Wahou, Les Drôle De Dames !!! Le Suce-pend, la-queue-scions. Je brûle d’impatience pour la suite, Jean-Marie.

  5. perles de la blonde en réaction aux recommandations de la HAS et de l’ANESM et à un questionnaire afin d’améliorer les pratiques :

    « L’orientation psychanalytique n’a pas à chercher à se ranger dans les casiers du questionnaire réalisés par des experts ignorants de la valeur de la clinique du sujet. Cependant, ne convient-il pas de dénoncer ce qui apparaît dans ce document ? Pour l’instant, la psychanalyse est sur la sellette. Dans « l’état actuel des connaissances », les dits experts ne reconnaissent pas la pertinence de son approche, ce qui, à terme, pourrait glisser vers la conclusion recommandée pour d’autres approches : « Il est recommandé de ne plus les utiliser ».

    Sans voir aussi loin : le rapport recommande, en outre, des passations de tests régulières. Devant mon refus de telles pratiques, je me suis déjà vu répondre que si je ne voulais pas faire passer de tests, il ne fallait pas travailler en institution. Comment ne pas dénoncer ce rapport qui porte aux nues ces pratiques stériles, voire néfastes, pour l’enfant lui-même ?

    Je pense, quant à moi, que l’idéal serait de ne pas répondre au questionnaire directement, de refuser de ranger notre pensée dans leurs petites cases, mais d’y répondre en se mobilisant et en dénonçant les points de ce document qui portent atteinte à l’éthique défendue par la psychanalyse et, d’une manière plus pragmatique, au respect de ces enfants, de ces sujets que l’on préconise de forclore dans leur identité propre, au bénéfice de la norme du bien vivre en société. Mais cela reste une hypothèse. Je serais heureuse de pouvoir lire d’autres réflexions, afin que cela puisse étayer ma manière d’appréhender ce « guide de recommandation » et, peut-être, amener à une prise de position commune face à celui-ci, du moins à un débat d’idées. Kristell Jeannot ».

    Quel grand acte de résistance,

    Quand les psykk s’expriment, c’est pire que le Mur de Sophie Robert… Ils sont tellements persuadés de détenir LA vérité qu’ils en sont c… à n’en plus pouvoir…
    Mais pour les amateurs de la bêtise prétentieuse à front bovin je leur recommande la lecture de Lacan quotidien http://www.lacanquotidien.fr/blog/….Dans le même genre vous avez aussi le site de Joseph Rouzel grand pipologue de culture bling bling à la Lacan http://www.psychasoc.com/Textes
    Si vous déprimez, consultez ces sites, rires garantis.

  6. Quant à Clotilde Leguil, elle est gentille, touchante dans ses playdoyers pour la psychanalyse du genre :
    « la psychanalyse s’interroge sur la souffrance des sujets dans ce nouvel ordre symbolique qui n’est plus ce qu’il était et ne le redeviendra jamais. Les nouveaux modes d’addiction, la difficulté à arracher un sujet à sa jouissance qui le conduit à la haine de l’autre et à la destruction de lui-même, la fragilité de l’être et du désir dans un monde où on nous fait croire qu’il suffit de rechercher le plaisir, sans limite et sans jamais rencontrer l’Autre, pour être heureux, la solitude des individus soumis aux évaluations de leurs performances quotidiennes, ces nouvelles coordonnées de la condition humaine sont celles auxquelles les psychanalystes du XXIe siècle ont affaire. Alors oui, la psychanalyse est nécessaire pour ceux qui le désirent, car elle n’abandonne pas les êtres à leurs impulsions et à leurs folies. Elle croit encore que la parole a une valeur et que l’être humain peut parvenir à résister au tourbillon vertigineux des appels à la jouissance en retrouvant via le langage la possibilité d’exister en tant que sujet. »

    Si quelqu’un est capable de me dire ce qu’elle veut dire en dehors d’une compilation de lieux communs, de platitudes, d’opinions péremptoires, je le remercie d’avance…..

  7. Et pour finir la brave Agnés Aflalo, championne du « parler pour ne rien dire » je vous livre un extrait de ses oracles :

    « .. le corps … c¹est le langage qui.le . décerne .. » . Cette phrase est extraite de Radiophonie à la page 409 des Autres Ecrits . Cet Ecrit de Lacan ainsi que les Séminaires XVI et XVII qui lui sont contemporains représentent un nouveau virage dans l¹enseignement de Lacan . C¹est en effet à ce moment là que Lacan introduit la jouissance comme nouvel effet du signifiant. C¹est le cinquième paradigme de la jouissance ou jouissance discursive , isolée par Jacques Alain Miller à son Cours en 1999 et publiée dans le N°43 de la Revue La Cause Freudienne .

    Ce nouveau paradigme de la jouissance est nécessité par une nouvelle définition du langage tel que le signifiant a non seulement des effets de signifié mais également des effets de jouissance. Cela comporte que le symbolique perd son autonomie qu¹il avait depuis le début de l¹enseignement de Lacan et cela implique corrélativement une nouvelle définition du corps. Les deux composantes du corps résultent maintenant de l¹articulation signifiante: d¹une part le corps comme signifiant et d¹autre part l¹objet de la pulsion comme hors-corps ou extime au corps . (Le Séminaire XVI).

    C¹est ce que comporte me semble – t- il cette phrase de Lacan que le langage décerne le corps. Il s¹agit de rendre compte de ceci que c¹est le langage et seulement le langage qui attribue le corps : « rien que lui (le symbolique) isole le corps.. ». Cette thèse implique en particulier qu¹on ne naît pas avec un corps. On naît avec un organisme mais pas avec un corps . Dire que le corps n¹est pas premier ne surprendra pas le lecteur attentif des Ecrits . En revanche , attribuer le corps au langage et à lui seul a de quoi surprendre.

    Le terme décerne peut peut-être nous éclairer .Eric Laurent avait jadis commenté cette page de Radiophonie à son Cours. Il avait fait valoir les nuances sémantiques que comporte « décerner ».

    Nous les reprenons ici. Ce terme appelle trois remarques:
    – d¹abord, le corps se présente comme un attribut, il est du registre de l¹avoir et pas celui de l¹être. Décerner est ce qui est donné comme avoir.
    – ensuite, dans décerné , il y a cerne. Le fait de tracer un cerne c¹est isoler un moins. Ici nous dirons un moins de jouissance produit par le signifiant.
    – enfin, décerner c¹est attribuer quelque chose qu¹ Œil n¹y avait pas avant . Nous dirons que ce quelque chose est double: d¹une part, un plus-de-jouissance produit par le signifiant. C¹est l¹objet a que Lacan appelle maintenant plus-de-jouir et d¹autre part le corps comme corps de signifiants.
    Pour rendre compte de l¹attribution du corps par le langage , il faut spécifier ces deux fonctions du « moins » et du « plus » du point de vue de la jouissance comme effet du signifiant. »

    RENVERSANT

    pourquoi dons Sophie Robert est-elle poursuivie, alors que ces trois drôles de dames devraient être aussi censurées pour présenter la psychanalyse de façon aussi ridicule…
    ….
    Preuve que le ridicule ne tue point

    • Cher Lutin, c’est simple pour les lacaniens « tout est langage » comme le disait Françoise Dolto la mamie Nova des lacaniens… Le corps y est vidé de toute vie sensorielle et affective pour n’être qu’effets de signifiants, le sujet n’existe que comme constitué par les effets du signifiant, tout ce qui est hors langage n’est que béance, vide, insignifiance…. Dans cette logique d’hyper idéalisme, vous avez également l’inénarrable Nasio, pour qui la douleur n’est également qu’effet de signifiant, mais ce n’est pas tout, là on atteint le sommet Diafoirisant « la mort n’est pas une réalité biologique mais un effet de langage, une construction symbolique »… je ne sais quel hallucinogène ils prennent, mais en tous cas très efficace pour élaborer de pures fictions qui elles ne sont effectivement que des effets de signifiants.
      Nous sommes dans des hauts délires aménagés qui relèvent davantage de la croyance que de la vie intellectuelle. Je vous recommande un très bon petit livre « La volonté de croire » de William James, très bon antivirus et cela vous donne des clés de compréhension des psykk.

      • Merci cher Woody Hallen 31, en tant que simple solda

        • Ttttrr rrr interférence…soldat mercenaire au service de la cause, ce petit livre me sera précieux, car j’ai besoin de repères anthropologiques pour affiner mes infiltrations chez les scientistes. J’avais repéré sur des vidéos la puissance du plaisir total de Maître Lacan à exprimer ses mots en public, mais je n’imaginais pas que la sainte dialectique des MOTS-MAUX avait été portée à un niveau aussi puissant.

          Un très impertinent nain de jardin, qui a regardé sans permission m’a dit: »on dirait qu’il a ses coucougnettes sur la langue ». Le nain à été sévèrement puni.

          Aussi, je propose qu’un Saint soit dédié à la protection des mots pour le pérenniser le règne éternel du langage.

          Je propose à toutes nos soeurs et tous nos frères la candidature de:

          SAINT MAURICE, que nous surnommerons « MOMO » !

          Lutin sur Tête de Dragon

  8. Je vous avoue, en tant que lutin, ma perplexité.

    Si on accepte l’idée que « les appels à la jouissance » passent par les sens, que la vue, l’odorat, le toucher, l’ouïe, le goût, participent à la jouissance et que celle-ci ne représente pas une symbolique déréalisée, il m’est difficile de comprendre comment éprouver du plaisir s’il fallait compresser tout cela dans un entonnoir avec comme unique sortie: « en se retrouvant via le langage ».

    Peut être veut-elle dire que nous serions le jouet de nos sens si nous n’avions pas le « langage » comme repère fondamental pour « exister en tant que sujet » ?

    Je ne suis pas un spécialiste de la psychologie humaine.
    Chez les lutins, on nous apprend a utiliser notre pensée et à activer notre mental avec ses mots pour résoudre les multiples tâches de l’existence pratique: quand nous mangeons et que c’est bon, nous savourons, mais nous ne sommes pas en train de nous dire que nous savourons, nous nous laissons aller à la jouissance.
    Et quand l’assiette est finie, nous passons à autre chose.

    « La difficulté à arracher un sujet à sa jouissance qui le conduit à la haine de l’autre et à la destruction de lui-même »:
    Un double sens me paraît possible:
    – La jouissance conduirait inévitablement à la haine: nous serions dans le scénario post Adam et Eve où le plaisir de la femme bravant l’interdiction de croquer « l’appel à la jouissance » maudit les générations futures.
    – La haine et la destruction seraient jouissives et il est difficile d’y arracher le sujet: la psychanalyse seraient l’outil privilégié et irremplaçable pour désamorcer les trajectoires individuelles destructrices envers les autres ou soi-même.

    Nous avons aussi « la fragilité de l’être et du désir » qui contredit la puissance d’un « tourbillon vertigineux » qui happe plus loin « les appels à la jouissance ».

    Tout parait dangereux, le monde est à craindre: « un nouvel ordre symbolique » affilié à « un nouveau mode d’addiction ».

    « Il suffit de chercher le plaisir(…) sans jamais rencontrer l’autre »: est-ce que l’errance serait inévitable sans une démarche d’introspection de type psychanalytique ?

    « La solitude des individus soumis à leurs évaluations de leurs performances quotidiennes » est qualifiée comme un phénomène propre au XXI ème siècle. Il me semble que les pressions sociales ont toujours existé, quelles fassent l’objet d’évaluations subjectives ou plus objectives en l’attente de résultats précis.

    « La psychanalyse n’abandonne pas les êtres à leurs impulsions et à leurs folies » dans ce monde si dangereux, ou la démarche psychanalytique maintiendrait le sens du monde par son expertise du langage, et où impulsions et folies domineraient les esprits.

    … qu’il m’est difficile de comprendre la psychanalyse telle qu’elle est présentée…alors que j’ai pour mission de lutin de la défendre !

    • la Grande Prêtresse soucieuse avant tout du Temple de sa carrière est en train tourner gentiment casaque, elle constate l’état piteux de la psychanalyse aujourd’hui fini le temps des grands cliniciens Bouvet, Mâle, Marcelli, Braconnier, Bergeret, Ajuriaguerra, Jamet, soit ils ont disparus ou pire ils ont osé rejoindre les rangs de la dissidence comportementalo-fasciste…Tels Cyrulnik, Roustang, Tobie Nathan … autrement il n’y a plus que des perroquets, des phillistins, des épigones qui ne font que répéter les mêmes discours depuis trente ans… on sait que la répétition est signe de mort. Le corps de la psychanalyse freudo-kleino-lacanienne ne tenant que par assistance artificielle, la belle Roudinesco est en train de chercher des tables où la soupe serait plus chaude et autrement plus savoureuse, … alors prudemment elle prépare sa sortie à petits pas… pour devenir la Gardienne du Mausolée où elle pourra en toute impunité tenir des éloges funébres sur la défunte psychanalyse tout en disant, « voyez , le les avais prévenus et ils n’ont pas voulu m’écouter », … « ça leur apprendra » Gardant ainsi son aura de Grande Pretresse…Il suffit de voir son parcours pour comprendre qu’elle n’est pas à un reniement près… du moment que cela sert sa carrière….

  9. Honteux : ces lacaniennes passent sous silence la remarquable contribution au Nouvel Obs de la Gardienne du Temple du Freudisme Français (GTFF), Elisabeth Roudinesco. Ne pas parler d’elle, c’est vraiment mesquin, digne de J.A. Miller. Son interview mérite une analyse que vous trouverez ici :

    http://icampus.uclouvain.be/claroline/backends/download.php?url=L1JvdWRpbmVzY28uU3VydmllLjIwMTIucGRm&cidReset=true&cidReq=EDPH2277

  10. mon précédent post s’adresse à Jammeke, mais aussi aux autres…c’est pour resituer

  11. Compte tenu de votre goût pour le langage, le calembour et ainsi de suite, je suis sûre que vous avez dû bien en manger, du Lacan. Et puis… vous avez grandi. Je me demande bien comment vous avez fait…

  12. @Irène Adler, comme tant d’autres j’ai du bouffer du Lacan, (par obligation professionnelle) comment nous nous en sommes sortis ? c’est simple, contrairement au dévôts qui adhéraient sans distances aux paroles du maitre, nous avons voulu comprendre, et à force de travail (ce mot de travail totalement inconnu chez les psykk, grandes feignaces devant l’éternel) nous avons découvert que derrière l’amphigourie du discours il y avait du vide, des clichés issus de Platon, Hegel, Saussure, etc… des évidences premières à peine digne d’un potache de terminale, des échos de lectures hâtives de la rubrique « culture » du Figaro ou du Monde. Bref que le discours pompeux du maitre ne faisait que masquer une cuistrerie affligeante, ou plutôt un culot digne des plus grands escrocs et autres charlatans. lacan finalement n’était qu’un pitre provocateur, prenant les gens pour des cons, poussant de plus en plus loin la provocation à dire du vide, du vent « dire vent » comme lui-même le disait, et lorsqu’à la fin de sa vie il a avoué la supercherie, les dévôts ne l’ont pas cru ! prenez un exemple l’hyperidéalisme confondant échevelé de Lacan, cette idolatrie du langage ne ferait que rire si tant de personnes ne l’utilisaient pour tromper les gens. La question qui vaille la peine de se poser est pourquoi des gens cultivés, intelligents ont-ils pu « croire » à ce discours qui n’est qu’effets, trucs, procédés ? tout comme pourquoi des ces mêmes personnes ont -elle pu adorer une grande délirante, folle à lier comme Mélanie Klein ? là nous sommes sur le registre des motivations internes, des postures politiques, des alibis à la faineantises… un élément de réponse parmi d’autres : tous ces cacaniens sont de grands dépressifs, incapable de vivre, la vie est pour eux est une souffrance insupportable… alors pour se rassurer ils se protègent derrière les textes, tant qu’ils sont à réciter les textes comme de divins mantra, ou de les commenter, cela les dispense de vivre, ils ne savent vivre que par procuration, sans les béquilles des textes ils sombreraient dans un état dépressif majeur et chronique….

  13. Blasphème Tex Avery !

    Vous risquez le pilori à proférer que ces Saints trouveraient dans les Ecriture une vision morbido-zionesque de la vie qui leur convienne. C’est impossible, il n’y a jamais eu d’échec, jamais de mort, le suicide à même disparu du vocabulaire !
    Lacan était lumineux, aussi sûrement que lorsqu’il quittaient une salle après une prêche en éteignant la lumière un doux halo sans pécie continuait à baigner l’auditoire en extase…
    Même si les fidèles se contenaient pour ne pas tomber à genoux.

    Repentez vous mon frère et revenez donc dans le rang du chemin de la dignité éclairée.
    Ce sont les scientistes les dissociés, pas nous !

    • errer dans les chaines des signifiants , être enfin délivré de la vie, des émotions, des affects, de son corps, OUIIIIIIII, heureusement que le Divin Lacan nous a donné les voies, que dis je LA VOIE de la libération tel le Bouddha… je tombe à genoux devant la lumière de la Délivrance…. Enfin devenu insensble à la vie, aux vivants, je peux jouir en spéculant autour du grand Signifiant… Merci Lutin sur tête de dragon de m’avoir morigéner…

      • Une luciole vient de rejoindre le haut de mes deux pommes cher tex-snoopy-very.

        Elle est porteuse d’un message d’en haut: « l’absolution est accordée à Texavery31 avec le crédit supplémentaire d’une protection immunitaire en milieu toxique pour 3 missions de six mois renouvelables en contact avec des mamans crocos ».

        Félicitations !

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