Sans ta clause d’inconscience

Cher nom du Père Noël,

Le sujet supposé sage que j’ai été durant toute cette année ne saurait avoir à ne pas bénéficier de vos petits cas d’eau non démérités. Hélas, les diverses actions terroristes menées contre l’empaquetage et ses valeureux ouvriers auront raison de la contenance de nos présents à venir. Le plus beau des cadeaux ne sera pas os(de)fer par vos petits lutins : il s’agit bien entendu de la clôture d’une cause nationale qui n’existe pas. Le comble serait désormais de la prononcer en faveur de la femme, mais optique-mixtes nous devons demeurer. J’espère à ce titre que vous n’avez pas craint ou cru à la diplopie en observant notre plus grand cardinal distribuer les ouvrages de sa paroisse à tous nos députés. La vœu-dette était certes volée mais pour une grande cause : non pas celle des sujet dits autistes mais celles de nos petits psychotiques promis à un avenir bien sombre. Il semble par ailleurs que la seule et unique solution pour préserver leurs saints-psaumes soit d’invoquer notre clause d’inconscience, celle-là même qui permettra à nos disciples et maires de sauver ce qui reste du mariage, celle-là même qui permet à mes deux seins de ne pas fouler la sainte béance, in utero, pour cureter malgré le curé. Cette sainte clause, brandie par tous nos disciples avec la bénédiction de la mie et de la clé à molette, garantira les 39 libertés pour tous d’exprimer une souffrance dé-Baillonnée, libérée de la muselière comportementaliste, libérée du joug flux du 7 janvier et de ses listes à dés-portés.

À propos de liste, voici la mienne, des plus raisonnables comme chaque année. Ainsi, j’exigerai de vous :

  • De nouveaux patients à culpabiliser, de nouveaux symptômes à cultiver, des petits psychotiques à faire patauger, des asperges à mâchouiller (celles qui parfument délicatement les urines). Je suis bien défait et au fait des fêtes de la fuite des divans mais je doute fort que vous n’ayez pas conservé précieusement quelques spécimens vierges de dressage et de propagande scientiste. Dans mes belles chaussettes de l’haine, vous me les livrerez.
  • Des livres justement, à commencer par le splendide ouvrage du Manuel Valls de la psychanalyse dans lequel il explique que les psychothérapies autoritaires, à savoir non psychanalytiques, utilisent en réalité la suggestion. Cette découverte pharaonique est bien sûr à mettre au crédit de notre discipline dont le département recherche est donc bien vivant, contrairement à ce qu’en disent serre-t’uns. N’oubliez pas également un autre manuel, celui de l’une des drôles de dames de l’école du commerce freudien qui démontre, preuve à l’eau du puits, que ceux qui veulent nous éliminer veulent aussi éliminer l’espèce humaine.
  • L’amplificateur de phallus JAM-4000.
  • Un générateur de bulles de savons à énergie sexuelle.
  • Une sculpture en acier mâché de moi-même, enfant, sur les genoux de notre prophète premier.
  • L’intégrale de Winnie le Coït en version deluxe (avec la couverture en peau de caïman).
  • La figurine en plomb de la sainte ScatKKlein, à l’échelle 1/666ème (celle avec les excréments qui sortent de son sein gauche).
  • Le nouveau talkie-walkie symbolique haute définition de chez CourrielomSecurity.
  • Le générateur/séquenceur de calembours Lacanoïd avec imprimante caligraphique 3D.
  • Le dernier dé-redresseur de torts ComportementaloKiller 2013.
  • Un piège à loup sur-mesure, ou plutôt sur-mensurations de la sorcière scientiste.
  • Un aspirateur à divan sans sac à vomissures.
  • Un réfrigérateur/humidificateur de couvertures modèle Clacos Cœur Deux Lions garanti sans odeur de fauve.
  • 666 666 exemplaires du DSM-V à paraître.
  • Un robot nettoyeur de pataugeoire à reconnaissance humaine.
  • De la moquette céphalique couleur taupe pour Tuco

Laconscienceestclosement vôtre,

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Catégories :Concis des Rations, Ferai si Prêcha, Petits Fions et Laits Très Fermés

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3 réponses

  1. Cher Jean-Marie,

    Tu demandes un Manuel de psychanalyse dans lequel on explique que les psychothérapies autoritaires, à savoir non psychanalytiques, utilisent en réalité la suggestion.
    Méfie-toi de ce Manuel.
    Sigmund, Celui qui a révélé la Vérité de l’Inconscient, écrivait au sommet de sa glorieuse carrière (en 1917) : « Wir geben zu dass unser Einfluss wesentlich auf Uebertragung, d. i. auf Suggestion, beruht », « Nous accordons que notre influence repose pour l’essentiel sur le transfert, donc sur la suggestion » (« Vorlesungen zur Einführung in die Psychoanalyse ». G.W. XI 466, trad. Gallimard, 1999, p. 569). Il écrivait encore : « Dans notre technique, nous avons abandonné l’hypnose que pour redécouvrir la suggestion sous les espèces du transfert » (p. 464, tr. 566s). Et ce n’est pas tout : il a eu des formules bien plus longues, qui disent exactement la même chose. On en trouve via ce lien :

    http://icampus.uclouvain.be/claroline/backends/download.php?url=L1RyYW5zZmVydC5GcmV1ZC5wZGY%3D&cidReset=true&cidReq=EDPH2277

    Quant au Sigmund français, il disait encore plus clairement, à la fin de sa glorieuse carrière :
    « Le psychanalyste est un rhéteur. Pour continuer d’équivoquer, je dirai qu’il rhétifie, ce qui implique qu’il rectifie. Rectus, le mot latin, équivoque avec la rhétification. […]
    Ce que j’ai appelé le rhéteur qu’il y a dans l’analyste n’opère que par suggestion. Il suggère, c’est le propre du rhéteur, il n’impose d’aucune façon quelque chose qui aurait consistance. […] Ce qui fait le vrai et ce qui fait le faux, c’est ce qu’on appelle le pouvoir de l’analyste, et c’est en cela que je dis qu’il est rhéteur ».

    Pour le séminaire de Lacan dont ce passage est extrait et sa référence précise, voir :

    http://icampus.uclouvain.be/claroline/backends/download.php?url=L0xhY2FuLkJhdmFyZGFnZS4xOTc3LnBkZg%3D%3D&cidReset=true&cidReq=EDPH2277

    • Mon cadeau de Noël :
      « La psychanalyse a permis de mieux comprendre les enfants autistes dans leur psychopathologie et de les accompagner dans leur développement subjectal. Mais ces chemins ne peuvent être tracés sans à la fois une rencontre à un moment donné avec les institutions, et un retour sur l’image du corps. Pour éclairer les modes de fonctionnement des premières, l’auteur a recours aux trois fonctions phoriques, sémaphorique et métaphorique. La constellation transférentielle est un des modèles institutionnels de leurs articulations. En ce qui concerne le corps, c’est la grille de lecture proposée par Geneviève Haag qui est utilisée comme matrice organisationnelle du costume thérapeutique sur mesure. »

      Voir :http://www.cairn.info/revue-journal-de-la-psychanalyse-de-l-enfant-2011-2-p-27.htm

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