Faux cons que lavent nos pets chers

Chers disciples,

Cette affaire de nouveau pape dérefoule quelques souvenirs, notamment le plus célèbre lapsus de notre Prophète Second : celui-ci proclama fièrement que la vraie religion était la romaine. Il fallait bien entendu comprendre « re-mienne », à savoir la nôtre, celle qui remue chaque jour l’inconscient individuel ou collectif, celle qui remet la femme à sa place et l’homme autour du trou, celle qui n’a que faire de la santé ou de la maladie et pour qui ne compte que la singularité d’une souffrance, celle pour qui les infidèles à convertir sont avant tout des névrosés à coucher, des psychotiques à hospitaliser, de jour ou de nuit, celle pour qui les péchés sont convertibles en ADG (années de divan garanties) ou remboursés par la sécurité sociale, celle pour qui l’humanisme prime mais pour qui les humains ne sont pas tous égaux face au langage.

  • Là où les catholiques promettent l’enfer après la mort à ceux qui ne sauraient se soumettre, nous le promettons bien avant, voire immédiatement à des sujets qui n’ont pas conscience de le vivre. La quête du paradis devient celle du pénis ou du rapport sexuel. Aucune preuve ou autre baliverne scientifique ne nous fera croire à l’existence de ce dernier, et certainement pas les patientes hystériques qui nous accusent d’en faire usage au cours de la cure.
  • Là où les catholiques élisent un seul et unique pape pour l’exposer dans son aquarium blindé à toutes les menaces modernes, nous nous sommes judicieusement divisés pour mieux régner. Des écoles en pagailles, des associations reconnues d’utilité publique comme s’il en pleuvait, des frères, des cardinaux, et même des femmes pour brouiller les pistes. Bien malin serait celui qui pourrait identifier un chef dans toute cette pagaille ordonnée.
  • Là où les catholiques tiennent fièrement et stupidement leurs positions, nous les adaptons aux différents interlocuteurs pour devenir de véritable éléctrocuteurs publics. Les psychanalystes seraient contre l’homoparentalité? Mais voyons, n’écoutez pas seulement Jean-Pi Jabba d’Hiver, il n’est pas représentatif de notre communauté. La phobie de l’araignée n’a rien à voir avec la mère et la castration? Mais voyons, relisez Jean-Pi Jabba d’Hiver qui synthétise à merveille notre pensée.
  • Là où les catholiques professionnels considèrent les bienfaits du vœu de pauvreté, nous consacrons celui-ci à nos patients, par générosité.
  • Là où les catholiques veulent nous détourner de sept péchés capitaux, nous considérons ces derniers comme autant de symptômes capitaux à ne surtout pas supprimer, à moins de s’engager sur l’honneur à les faire ré-émerger dans les plus brefs délais.
  • Là où les catholiques attendent la fumée blanche signifiante de leur nouvel ambassadeur, nous attendons la fumée dorée qui émergera de l’anus élu d’un sujet dit « autiste ». Vous savez maintenant pourquoi nous attachons tant d’importance à les collectionner, et pourquoi les comportementalo-fachos déploient tant d’énergie à nous les subtiliser.

Catholcooliquement vôtre,

Publicités


Catégories :Concis des Rations, Ferai si Prêcha, Pro-Fesse Scie

Tags:, , , , ,

4 réponses

  1. Le nouveau pape est argentin… Si c’est pas un signe, ça ?

  2. Plus : Moretti psychanalyse le pape / L’évangile au risque de la psychanalyse Françoise Dolto
    16 page(s), publiée le 14 mars 2013

    Moretti y questionnera sans doute là aussi le pouvoir. Pouvoir non plus confisqué au profit d’intérêts privés, mais pouvoir…

  3. Très intéressant !
    Ce soucis permanent de créer de nouvelles écoles de pensées, cette capacité à dire tout et son contraire, prouve qu’il existe un  » large spectre psychanalytique » : il faudra faire du K par K !

  4. Cher Jean-Marie,

    En écrivant que la proclamation « la vraie religion est la romaine » n’est qu’un lapsus du Grand Jacques, tu forclos une pensée abys-sale. Je tiens à rétablir son prophétique discours:

    « Freud, vieil optimiste des Lumières, croyait que la religion n’était qu’une illusion, que dissiperaient dans l’avenir les progrès de l’esprit scientifique. Lacan, pas du tout : il pensait au contraire que la vraie religion, la romaine, à la fin des temps embobinerait tout le monde, en déversant du sens à pleins tuyaux sur le réel de plus en plus insistant et insupportable que nous devons à la science. » (Jacques Lacan, « Le triomphe de la religion. Précédé de Discours aux Catholiques ». Seuil, 2005, p. 81).

    Son très auguste gendre, Frère JAM, écrit en 4e de couverture de ce merveilleux opuscule publié par les éd. Le Seuil : « “Je suis un enfant de curé”, disait Lacan. Éduqué par les Frères maristes, il fut un garçon pieux et acquit une connaissance sensible, intime, des tourments et des ruses de la spiritualité chrétienne. Il savait aussi merveilleusement parler aux catholiques et les apprivoiser à la psychanalyse. La Société de Jésus misa sur son École. »

    Amen.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :