Soyons intégratifs (selon nos affinités)

Chers disciples,

Vous n’êtes pas sans supposer savoir que je déteste interrompre le flot tranquille des séances courtes de mon hibernalyse. Cela fait bientôt un an que la rétention bat son plein et je dois reconnaitre les bienfaits d’une certaine libération, aussi parcimonieuse et exonérée soit-elle.

Certains s’étonnent de nous voir revendiquer l’intégration de différents courants au sein d’une même approche sous prétexte que nous aurions régné sans volonté de partage sur la psychiatrie pendant des décennies. Ces mêmes cancrelats qui tentent de nous envahir en vain depuis des lustres supposent qu’il s’agit d’une nouvelle manigance, d’une façade progressiste pour ne pas disparaitre et perpétuer notre emprise sur nos chers patients. Et bien, comme toujours, nous sommes Maleval-hués.

Tout le monde sait pourtant que ce qui nous anime est le respect de la singularité des patients, des parents et de la psychanalyse, pas dans cet ordre certes mais nous restons les seuls à pouvoir offrir cette combinaison profondément humaniste. Je vais donc de ce pas vous l’emboiter en vous exposant les grands principes de l’approche intégrative :

  1. L’approche intégrative ne peut se construire que selon la singularité et les affinités du patient
  2. Seule l’orientation psychanalytique permet de mettre à jour et de respecter cette singularité et ces affinités
  3. L’approche intégrative ne peut donc se construire que selon la singularité et les affinités de la psychanalyse.

L’approche intégrative reste donc une approche profondément psychanalytique, ce qui doit évidemment autant nous rassurer que nous mobiliser chers disciples. Nos camarades de l’école du commerce freudien n’ont d’ailleurs pas tardé à s’introduire tels des affinity rapists au sein de cette nouvelle mouvance très en vogue sur le royaume de Bretagne. Il y est question d’un petit sujet dit autiste dont la guérison semble provenir d’un respect typiquement psychanalytique de sa passion pour le monde de Disney. Quoi de plus logique sachant que le grand Walt a bénéficié jadis de plusieurs cures très productives si l’on en croit la qualité de son oeuvre et qu’il bénéficie toujours de séances post mortem puisqu’il s’était engagé pour 300 ans.

Alors, chers disciples, comment construire une thérapie intégrative? C’est très simple et cela se passe en trois temps :

1. Observer, attendre, et interpréter

Il s’agit d’un instant particulièrement décisif de plusieurs années qu’il ne faut pas laisser passer. Le clinicien éclairé par l’abord psychanalytique restera particulièrement attentif dans sa flottaison à ce qui émergera de l’enfant psychotique. Il s’agira parfois d’un regard soutenu de quelques heures sur une bulle de savon, parfois d’une passion pour la buée appliquée à coups d’haleine sur une vitre en hiver, parfois de dépôts de selles méticuleux et forcément signifiants, parfois même de contacts frontaux appuyés et répétés sur support mural. Bref, les possibilités sont infinies et reflèteront la richesse du symptômes ainsi que son caractère sacré.

2. Intégrer

Tout en poursuivant les efforts de saisie du premier temps, il s’agira dans le second d’aider le sujet autiste à se construire un monde dont les lois seront rassurantes car gouvernées par le symptôme. Selon les vignettes cliniques exposées précédemment, cela consistera en des pluies de bulles, des brumisations, du linoléum en pâte à selle ou encore du papier peint mélodique, le tout dans l’espoir que d’éventuelles oeuvres puissent être un jour exposées dans nos temples.

3. Désintégrer

Le troisième temps sera celui des velléités parentales, gouvernementales ou scientifiques qui constituent autant de menaces pour ce petit monde balbutiant depuis quelques années seulement. Le premier de ces dangers est comportemental, et comme le disait notre camarade , la psychanalyse lutte contre cette menace. Nous avons désormais des arguments pour contrer une insistance parentale grâce à notre frère Maleval-hué. Il suffit de clamer haut et fort que l’ABA utilise les chocs électriques, qu’il s’agit de maltraitance du symptôme donc de l’enfant et que contrairement à ce qu’on entend, aucune méthode n’est validée scientifiquement. Quant à la psychanalyse, la chasse à fesse ne l’a pas récusée, et puis d’ailleurs elle n’existe pas. Ceux qui croient la voir sont en proie à de violentes hallucinations calomnieuses.

Conclusion

Chacun pourra donc constater à quel point nous, psychanalystes, avons su évoluer. Ce que nous proposons aujourd’hui n’a plus rien à voir avec ce que nous avons toujours fait et ce que nous continuerons à faire ou à ne pas faire bon gré, mal gré, pro gré, au gré de nos affinités, par humanisme. Est-il réellement nécessaire de préciser que l’approche intégrative s’effectue selon nos affinités tellement l’expression devient pléonastique? Et bien cette approche intégrative, plurielle, respectueuse du sujet, du partage entre courants, est nôtre. Nous en sommes particulièrement fiers, alors n’hésitez pas à relayer ce prêche au delà des temples et des frontières de l’empire franco-argentin.

J’en retourne à ma très lucrative hibernalyse.

À l’année prochaine.

Affinityrapistement vôtre,

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Catégories :Con-Sec-Ration

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